À Marseille, l’exposition « Voyages imaginaires » nous emmène sur les traces du maître incontesté de la forme, Pablo Picasso.

Jusqu’au 24 juin, découvrez à la Vieille Charité et au Mucem les pérégrinations de l’artiste, voguant de l’Afrique à l’Orient.

Terres foulées ou rêvées, le voyage persiste à subjuguer à la Vieille Charité de Marseille. Dans cet ancien hôpital surmonté de pierres monumentales, Picasso fait son impression. L’artiste espagnol nous vient sous un nouveau jour, celui d’un homme habité par l’envie d’évasion et de découverte, un homme qui voyage et qui fabule.

Au cours de cette exposition aux multiples salles, quatre itinéraires nous sont proposés pour voyager à travers le monde : Bohème bleue, Afrique fantôme, Amour antique et Orient rêvé. La première partie se trouvant au Mucem, au cœur du Fort Saint-Jean.

Au fil des œuvres découvertes dans Bohème bleue, ce sont les saltimbanques qui mènent la danse. Nous voyageons alors vers le passé pour toucher du doigt la jeunesse de Picasso, celle qui fut parsemée de bleu, symbolisant la solitude de l’homme, puis de rose. C’est à partir de ce premier pas que le voyage initiatique débute réellement.

Partir loin et créer plus

À travers les cartes postales, Pablo Picasso voyage, imagine, rêve. L’homme dont les voyages ne l’ont emmené qu’en Angleterre, aux Pays-Bas ou en Pologne, en avait près de 700. Elles lui venaient de Cocteau, de Braque ou encore de Dali. À travers une très belle collection de masques et de statues venant du musée d’Arts Africains, Océaniens et Amérindiens de Marseille, nous voyons clairement comme les figures de Pablo Picasso incarnaient si bien l’art africain.

Cette fascination de l’artiste pour ce continent inconnu lui vient aussi de ses nombreuses visites au musée du Trocadéro. Une inspiration qui lui permettra de réaliser les Demoiselles d’Avignon dont nous pouvons observer à Marseille la « Femme aux mains jointes », une étude du fameux tableau.

D’une pièce à une autre, l’Orient paraît à Marseille lorsque l’on observe la « Femme nue au bonnet turc », l’œuvre ultime. Picasso avait cette magnifique ingéniosité de mêler ses deux mondes favoris : le rêve et sa réalité. Ainsi, Jacqueline, dernière égérie de l’artiste, se transforme en voluptueuse Égyptienne. Et comment ne pas admirer la variation des « Femmes d’Alger » de Delacroix, une réécriture aux couleurs explosées et à la forme imposante.

C’est cette imagination qui est sublimée à Marseille. Au Mucem, l’exposition redessine cette fois-ci le vrai voyage de Picasso à Naples. Cet Espagnol n’a pas manqué de folklore italien pour puiser son inspiration dans le théâtre de rue et les spectacles de marionnettes. Une salle pour découvrir le travail de création de l’artiste dans le monde de la scène et notamment, ses costumes et décors incroyables aux accents de toréadors pour les ballets russes.